Étienne Balibar , Impolitique des droits de l'homme. Arendt, le droit aux droits et la désobéissance civique, Erytheis, 2, novembre 2007

resume

La philosophe Hannah Arendt a cherché à (se) rendre intelligible ce que l'action politique a d'imprévisible en conférant une fonction centrale à la catégorie de l'événement. Et plus que tout autre parmi les penseurs contemporains, nous sommes tentés de dire qu'elle n'a jamais écrit deux fois le même livre, ou deux livres en conservant le même point de vue. Mais ceci ne veut pas dire que nous n'aurions pas affaire dans l'œuvre d'Arendt à de fortes continuités, à la récurrence de questions obsédantes, dont dépendent justement l'élargissement de l'horizon philosophique et les déplacements de l'analyse. C'est sur cette conviction que je me fonderai pour emprunter des éléments appartenant à des moments très éloignés, inscrits dans des contextes différents et de style très hétérogène - l'histoire, la réflexion spéculative, l'essai engagé, le journalisme - de façon à reconstruire ce qui me semble constituer pour elle un problème central (peut-être le problème central) : celui de la politique des droits de l'homme et de son « fondement », ou plutôt de son absence de fondement, de son caractère « in-fondé ».

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