MESTRE ZARAGOZA M., « L'Empire de Charles Quint : le laboratoire politique de l'homme moderne  », Erytheis, 3, septembre 2008

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L’empire de Charles Quint a été, dès sa naissance, une construction politique problématique qu’il a fallu penser et justifier vis-à-vis des contemporains. Mais c’est surtout à une certaine historiographie contemporaine qu’il semble poser problème. En effet, comment comprendre l’émergence de cet empire inattendu, alors même que le développement des États modernes centralisés était en cours ? L’explication qui a prévalu pendant de nombreuses années est celle d’une construction anachronique, portée à bout de bras par Charles Quint lui-même, dernier chevalier médiéval qui se serait épuisé à cette tâche impossible. La théorie de l’émergence des États-nations modernes au XVIe siècle a pourtant été nuancée ces dernières années[1], sans que pour autant on soit parvenu à penser le rapport entre l’empire de Charles Quint et ces États nationaux autrement que sur le mode de l’exclusion[2].

Notes:

[1] Citons seulement ici le très beau recueil d’articles de P. Fernández Albaladejo, 1992.

[2]« Charles Quint s’est épuisé à tenter sinon de résoudre au moins d’assumer cette situation dichotomique, à concilier l’inconciliable, finalement, l’unité et la diversité, le singulier et le pluriel ; d’autant plus que cette époque, si particulière, de transition entre deux ères (Moyen Âge et Temps modernes), que fut la Renaissance voyait se renforcer les “nationalités”, donc les particularismes et, partant, la diversité en opposition croissante avec un certain universalisme médiéval qui survivait dans ce premier XVIe siècle », Michèle Escamilla, 2005, p. 145.

[ texte integral : fr ]

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