n° 3, septembre 2008
ISSN : 1988-2882
Éditorial, par Laurent Gerbier
L’idée impériale connaît avec l’avènement de Charles Quint en 1519 un regain de vitalité paradoxal : sous un certain point de vue, Charles Quint semble avoir triomphé de ses rivaux (Tudor, et surtout Valois), et à travers lui la maison de Habsbourg accède à une position véritablement dominante dans l’Europe du XVIe siècle, au point que ses adversaires accusent Charles de briguer la « monarchie universelle » or, bien que l’Empereur lui-même s’en défende , il est vrai que le rêve d’une monarchie universelle est porté par la propagande impériale développée par certains de ses proches, à commencer par le chancelier Mercurino Gattinara. L’idée impériale ancienne, celle de la monarchie universelle, joue-t-elle véritablement un rôle dans le règne de Charles Quint, ou ne constitue-t-elle qu’un appareil rhétorique inoffensif ? Charles Quint accomplit-il l’Empire, et dans quel sens ?
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Dossier : « Raisons d'Empire », autour du règne de Charles Quint
Le Pape et l'Empereur Didier OTTAVIANI
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Una de las principales disputas del pensamiento político medieval es aquella que opone dos figuras centrales de la autoridad, el Papa y el Emperador, quienes representan los dos poderes a los que se encuentran los cristianos de la época: el espiritual y el temporal. En el Occidente cristiano sendos campos de competencia tendían a superponerse y la cuestión de la autonomía de ambos poderes, o de si por el contrario uno debía tener autoridad sobre otro, constituyó uno de los aspectos centrales de esta lucha. Sin embargo, la descripción histórica de las tumultuosas relaciones entre ambas figuras no debe ocultar que el debate se mantuvo principalmente dentro del ámbito teórico, disponiendo cada uno de los campos de sus propios pensadores, adalides de su causa, quienes intentaron fundamentar su posición partiendo de análisis filosóficos.
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Une des principales querelles de la pensée politique médiévale est celle qui oppose deux figures centrales de l'autorité, le pape et l'empereur, qui représentent les deux pouvoirs, spirituel et temporel, auxquels se trouvent soumis les chrétiens de l'époque. Les domaines de compétence respectifs de ces deux autorités ayant tendance à se chevaucher dans l'Occident chrétien, la question de savoir si ces pouvoirs étaient autonomes, ou si l'un devait avoir une autorité sur l'autre, constitue un des aspects principaux de cette lutte. Cependant, l'exposé historique des rapports tumultueux entre ces deux figures ne doit pas masquer le fait que le débat est essentiellement mené à l'époque dans le champ théorique, les deux camps disposants de penseurs acquis à leur cause, tentant de fonder leur position à partir d'analyses philosophiques.
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L'Empire de Charles Quint : le laboratoire politique de l'Europe moderne Marina Mestre ZARAGOZA
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El imperio de Carlos V fue, desde su nacimiento, una construcción política problemática que hubo que pensar y justificar ante sus contemporáneos. Además éste parece plantear sobre todo un problema a cierta historiografía contemporánea: ¿cómo entender la emergencia de aquel imperio inesperado, mientras se encontraba en curso el desarrollo de los estados modernos centralizados? La explicación que ha prevalecido durante muchos años ha sido la de una construcción anacrónica, llevada a cabo desesperadamente por el propio Carlos V, último caballero medieval agotado en el empeño de esa imposible tarea. Sin embargo la teoría de la emergencia de los Estados-nación modernos en el siglo XVI ha sido matizada en estos últimos años , sin que por ello se haya conseguido pensar la relación entre el imperio de Carlos V y los estados nacionales de otra manera que siguiendo el eje de la exclusión.
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L'empire de Charles Quint a été, dès sa naissance, une construction politique problématique qu'il a fallu penser et justifier vis-à-vis des contemporains. Mais c'est surtout à une certaine historiographie contemporaine qu'il semble poser problème. En effet, comment comprendre l'émergence de cet empire inattendu, alors même que le développement des États modernes centralisés était en cours ? L'explication qui a prévalu pendant de nombreuses années est celle d'une construction anachronique, portée à bout de bras par Charles Quint lui-même, dernier chevalier médiéval qui se serait épuisé à cette tâche impossible. La théorie de l'émergence des États-nations modernes au XVIe siècle a pourtant été nuancée ces dernières années , sans que pour autant on soit parvenu à penser le rapport entre l'empire de Charles Quint et ces États nationaux autrement que sur le mode de l'exclusion .
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Les raisons de l'empire et la diversité des temps
Laurent Gerbier
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La présence du prince chez les penseurs politiques classiques : unité et continuité de l'imperio Stéphan VAQUERO
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La ambivalencia de la noción de imperio es constitutiva del problema político en la época clásica, tal como lo formula por ejemplo Gracián: si "la sustancia indestructible del poder de la prudencia y del valor permanece", al contrario "este primer calor nativo con el que se ha constituido el cuerpo de un imperio sólo dura un tiempo" . ¿Cómo transformar, entonces, un comienzo evanescente en fundación estable y duradera, con el fin de fundar la legitimidad del imperio? El problema así enunciado es inherente al "acto de fundación", que conlleva un "carácter radical e históricamente impensable" , lo que explica que un problema como éste no pueda encontrar solución en una construcción teórica, política o jurídica cualquiera. Esta solución, si existe, surge necesariamente de una "alternativa no jurídica en la génesis del cuerpo político", es decir, de un "tipo de legitimación" que intenta mantener, en su contradicción misma, las herencias que se quiere conservar y la emergencia de una modernidad que no es aún lo que será.
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L'ambivalence de la notion d'imperio est constitutive du problème politique à l'âge classique, tel que le formule Gracián, par exemple : si « la substance indestructible du pouvoir de la prudence et de la valeur demeure », en revanche « cette première chaleur native avec laquelle s'est constitué le corps d'un imperio ne dure que quelques temps » . Comment transformer alors un commencement évanescent en fondation stable et durable, afin de fonder la légitimité de l'imperio ? Le problème ainsi énoncé est inhérent à « l'acte de fondation », qui comporte un « caractère radical, et historiquement impensable » , ce qui explique qu'un tel problème ne puisse trouver de solution dans une quelconque construction théorique, politique ou juridique. Cette solution, si elle existe, relève nécessairement d'une « alternative non juridique à la genèse du corps politique », c'est-à-dire d'un « type de légitimation » qui tente de maintenir, dans leur contradiction même, les héritages que l'on veut conserver et l'émergence d'une modernité qui n'est pas encore ce qu'elle sera.
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Empire et commandement selon Jean Bodin
Eric MARQUER
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] Generalmente, se tiene una idea de imperio bastante vaga o englobante: por extensión, y de manera un poco abusiva, el imperio designa toda forma de acumulación de poder y del territorio. En la lengua clásica, el término imperio se utiliza frecuentemente para designar esa actitud que asocia el orgullo, la altura y la rudeza. Pascal dice que los "hábiles por imaginación": "miran la gente con imperio, discuten con audacia y confianza" . En su uso moderno y corriente, la palabra ha conservado un sentido general, no estrictamente político o jurídico. Se hablará de imperio en todas las formas de actividad económica o comercial, así como para las actividades ilegales o que recurran a la fuerza más que a la ley, para designar el poder de aquel, individuo o Estado, que ha adquirido de hecho (de facto) un poder considerable, una dominación evidente sobre los otros. De cierta manera, el imperio hace aparecer la naturaleza del poder en lo que tiene de espectacular, de impresionante y de violento.
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On se fait généralement de l'empire une idée assez vague, ou englobante : par extension, et de manière quelque peu abusive, l'empire désigne toute forme d'accumulation du pouvoir et du territoire. Dans la langue classique, le terme d'empire est fréquemment utilisé pour désigner cette attitude qui associe l'orgueil, la hauteur et la rudesse. Ainsi, Pascal évoque-t-il les « habiles par imagination » : « ils regardent les gens avec empire ; ils disputent avec hardiesse et confiance » . Dans son usage moderne et courant, le mot a conservé un sens général, non strictement politique ou juridique. On parlera de l'empire dans toutes les formes de l'activité économique ou commerciale, ainsi que pour les activités illégales ou ayant recours à la force plutôt qu'à la loi, pour désigner le pouvoir de celui, individu ou État, qui a acquis par le fait un pouvoir considérable, une domination évidente sur les autres. D'une certaine manière, l'empire fait apparaître la nature du pouvoir dans ce qu'il a de spectaculaire, d'impressionnant et de violent.
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Varia
Recensions
Courcelles, Dominique de : Ecrire l'Histoire, écrire des Histoires dans le monde hispanique, Paris, Vrin, 2008, 405 p.
Alexandre ESCUDIER
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Manuel Rivero Rodríguez : Gattinara. Carlos V y el sueño del Imperio, Madrid, Silex, 2005 Laurent GERBIER
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"Le rire du conquistador" et la critique de la violence impériale selon Las Casas. Une lecture de Nestor Capdevila : Bartolomé de Las Casas. La controverse entre Las Casas et Sepúlveda, Vrin, 2008, 315p. Hourya BENTOUHAMI
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