Vaquero S., La présence du prince chez les penseurs politiques classiques : unité et continuité de l'imperio, Erytheis, 3, septembre 2008

resume

L’ambivalence de la notion d’imperio est constitutive du problème politique à l’âge classique, tel que le formule Gracián, par exemple : si « la substance indestructible du pouvoir de la prudence et de la valeur demeure », en revanche « cette première chaleur native avec laquelle s’est constitué le corps d’un imperio ne dure que quelques temps »[1]. Comment transformer alors un commencement évanescent en fondation stable et durable, afin de fonder la légitimité de l’imperio ? Le problème ainsi énoncé est inhérent à « l’acte de fondation », qui comporte un « caractère radical, et historiquement impensable »[2], ce qui explique qu’un tel problème ne puisse trouver de solution dans une quelconque construction théorique, politique ou juridique. Cette solution, si elle existe, relève nécessairement d’une « alternative non juridique à la genèse du corps politique », c’est-à-dire d’un « type de légitimation »[3] qui tente de maintenir, dans leur contradiction même, les héritages que l’on veut conserver et l’émergence d’une modernité qui n’est pas encore ce qu’elle sera.

Notes :

[1] B. Gracián, El Político. Don Fernando el Católico (Zaragoza, Diego Dormer, 1640), in B. Gracián, 1986, p. 180 (abréviation : P, suivi du numéro de la page).

[2] P.-F. Moreau, 1992, p. 20 (note 14).

[3] Ch. Lazzeri,1993, p. XII et XV.

[ texte integral : fr ]

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